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| Titre | Résumé | Type | photoUrl | Texte |
|---|---|---|---|---|
| Les Sources du Maelbeek | Le Maelbeek naissait dans l'enclos de l'Abbaye de La Cambre. La « mare aux canards » de l'Abbaye est aujourd'hui encore alimentée par une de ses sources. | source | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/01_source_Maelbeek_DDLo.png | Cependant, il est certain que le ruisseau recevait l'eau de plusieurs sources jaillissant des vallons forestiers au cœur desquels, vers 1200, Dame Gisèle, fonda l'abbaye. Le site, en ces temps-là fort isolé, était alors situé en Forêt de Soignes, laquelle était bien plus étendue qu'aujourd'hui - elle couvrait une bonne partie de la région entourant Bruxelles. |
| Etangs d'Ixelles | Le règle cistercienne imposait des jeûnes durant une grande partie de l'année, les moniales de La Cambre étaient de grandes consommatrices de poisson, qu'elles élevaient elles-mêmes; elles étaient d'ailleurs expertes en pisciculture. C'est ainsi que, des siècles durant, elles exploitèrent quatre viviers, entre l'abbaye et le moulin d'Ixelles où elles élevaient surtout des carpes. Ce sont les ancêtres des étangs d'Ixelles actuels. | site remarquable | Juste aux portes de l'Abbaye s'étendait le Paddevijver (étang aux crapauds) ou Cleyn Vijverken (petit étang); venaient ensuite le Ghevaert Vijver, le Penninc Vijver et enfin, le plus étendu, logiquement appelé Grote Vijver (grand étang), ou Elsen Vijver. La carpe C'est aux environs du XIII°, qu'apparut dans nos régions la carpe (cyprinus carpio), originaire d'Europe orientale. Elle est un poisson idéal pour les viviers. Elle apprécie les eaux peu profondes et stagnantes, et se nourrit surtout de matières végétales en décomposition, de petits vers... Longtemps, elle sera abondamment élevée et consommée en nos contrées. Les moyens de transports, limités, ne permettaient guère le commerce des poissons de mer à l'intérieur des terres. Les viviers La pisciculture amène pendant le moyen-âge le développement d'un savoir faire élaboré, et à un remodelage parfois completl de paysages. Ainsi, la vallée du Maelbeek comptera de très nombreux étangs, la plupart étant créés par l'humain pour l'élevage du poisson. Sur des cartes telles que celles de Ferraris (vers 1777), on en dénombre plus de nonante, de tailles diverses. La plupart disparurent dans la première moitié du XIX°s. Parmi les rares qui ont survécu, les étangs d'Ixelles. Aménagés dans le goût du XIX°s., ils mettent en valeur les demeures patriciennes. On y découvre quelques belles façades art-nouveau (œuvres de Blérot ou des Frères Delune). | |
| Abbaye de la Cambre | Cette abbaye de moniales cisterciennes fut fondée vers 1200 à la source du Maelbeek. L'ensemble monastique restauré au XX° s., comprend l'église du XIV° s. (1321), un mur du cloître plus ancien encore, le cloître du XVII° s. refait dans les années 1930, des bâtiments du XVIII° s. (avec quelques traces plus anciennes), dont le palais abbatial, le porche rococo, l'hôtellerie, les jardins en terrasse, la chapelle Saint-Boniface... | site remarquable | http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/31/Abb.de_la_Cambre_entr%C3%A9e.JPG/800px-Abb.de_la_Cambre_entr%C3%A9e.JPG | Au cœur des bois Quand, vers 1200, Dame Gisèle, noble Bruxelloise, voulut fonder une abbaye selon la règle cistercienne, elle rencontra une vive opposition de la part du chapitre de Sainte-Gudule. Elle en appela au soutien des moines de Villers. Elle finit par obtenir gain de cause auprès d'Henri Ier, duc de Basse Lotharingie. Une année plus tard, l'abbaye de la Cambre vit le jour. Jean de Béthune, évêque de Cambrai, la consacra. Le nom évoquerait la chambre de Nazareth (Camera Beatæ Mariæ) où vécut la Vierge, à laquelle l'ordre monastique vouait un culte fervent. Le site était alors fort isolé, entouré de bois ; on n'y accédait qu'à pied, par un sentier (voetwegh) tortueux. Une histoire parfois mouvementée Pendant les guerres de religion (troisième quart du XVI° s.), l'abbaye servit de retraite aux Calvinistes, puis fut dévastée par les Espagnols. Elle subit plusieurs fois les vicissitudes de la guerre au cours des siècles suivants. Au XVIII° s., d'importants travaux de reconstruction modifièrent son aspect. Seuls l'église et le cloître échappèrent à ce vent de modernité. Ses jardins en terrasse – dans le style français - datent également de cette époque. Une miraculée Comme toutes les institutions monastiques, l'abbaye fut supprimée aux lendemains de la Révolution française. Un constructeur réputé de carrosses en acheta les bâtiments, qui connurent diverses fortunes avant de devenir un dépôt de mendicité (prison pour mendiants). Fin XIX° - début XX°s. certains projets urbanistiques tablaient sur leur démolition, à l'instar de tant de témoignages des générations passées à Bruxelles. Il fallut les efforts de quelques uns, dont G. Des Marez, historien et archiviste de la ville de Bruxelles, pour qu'ils soient sauvés et restaurés. Actuellement, ils abritent l'école d'art fondée par Henri Vande Velde, ainsi que l'IGN, l'Institut géographique national. |
| Moulin d'Ixelles | Le Moulin d'Ixelles est mentionné avant 1200. Il fut concédé par le Duc de Basse Lotharingie à l'Abbaye de la Cambre, dès la fondation de celle-ci. | moulin | Moulin « à dérivation », il fut à l'origine du Grote Vijver ou Elsen Vijver, un des étangs que les moniales exploitèrent comme vivier. Sa surface fort étendue, correspondait grosso modo à l'actuelle place Flagey et au premier étang d'Ixelles. Sur la digue qui retenait les eaux de l'étang, sera tracée une steenwegh, chaussée pavée, à laquelle correspond l'actuelle de Boondael, prolongation de la chaussée d'Ixelles. Emplacement et traces : A l'angle de la rue des Cygnes, à hauteur de la statue représentant Pessoa, on peut encore observer une brusque dénivellation, témoignant de l'existence, jadis de cette digue. Le moulin se situait juste en contrebas, vers la gauche. | |
| Noyau villageois d'Ixelles | C'est au bord du grand étang dit Grote Vijver ou Elsen vijver, dans les eaux duquel se mirait sa première église, que se développera le village d'Ixelles. | centre villageois | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/03_étang_XL_1832_ABoens.png | Un village né des eaux Le nom même du village rappelle qu'il est né des eaux. Elsene signifie les Aulnes. L'aulne, alnus glutinosa, est l'arbre typique des berges. « Ixelles » serait la francisation d'Elsesele, ancien nom de la localité, et qu'on peut traduire par « la grande maison des aulnes ». Parmi les activités économiques qui prospérèrent à Ixelles, les brasseries, qui avaient besoin de bonne quantités d'eau pour brasser la bière. Emplacement : L'ancienne église, qu'on voit sur cette gravure, se situait grosso modo en face de l'angle des rues Malibran et de Vergnies. |
| Source de la Vossestraet (du Broebelaar) | Selon les cartes du XIX° s, le Broebelaar recevait l'eau d'au moins une source jaillissant le long de la Vossestraet - l'actuelle rue Baron Lambert, quelque part à hauteur de la clinique éponyme. Jusqu'au début du XX.°, ce quartier porte le nom de Brobbelaer | source | Mais où sont les sources du Broebelaar ? Ces mêmes cartes nous apprennent aussi que le Broebelaar naissait le long de la Kapellestraet, correspondant aujourd'hui à la rue Général Tombeur. Tout près de la place Saint-Pierre, donc. Le Broebelaar était un modeste affluent du Maelbeek, dont l'eau alimenta les fontaines de la Warande, parc attenant au Palais du Coudenberg. Pour en savoir plus, dirigez-vous vers la rue de la Pacification, proche de Saint-Josse... D'après la « Carte typographique et hypsométrique de Bruxelles et environs » (de Huvenne, éditée par Vandermaelen) la carte de Bruxelles et de ses environs dessinée en 1821 par G. de Wautier. Documents conservés à la Bibliothèque royale, section cartes et plans | |
| Source du Broebelaar | Le Broebelaar (le « marmonneur » en bruxellois) était un modeste affluent du Maelbeek - il naissait au pied du plateau boisé de Linthout. L'eau de ses sources était si pure qu'elle fut choisie au début du XVII° par les Archiducs Albert et Isabelle pour alimenter les fontaines et jeux d'eau des Jardins du Palais du Coudenberg. Ce qui engendra quelques déséquilibres, écologiques et économiques dans la vallée du Maelbeek. | source | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/ett_castel_broebelaar.png | (Voir machine et tour hydrauliques). Lyrique, LF De Pauw (historien local, voir ci-dessous) dit des « modestes vallons » dont celui du Broebelaer qu'ils « n'avaient, pour tout apanage, que le charme tranquille de leurs paysages et la pureté cristalline de leurs sources, les plus abondantes de la contrée. » Toujours selon LF De Pauw, ses sources étaient « les plus importantes et probablement les plus anciennes de la vallée du Maelbeek. Le vallon est en effet entouré d'un plateau s'étendant sur une grande surface de terrain, dont il recevait une ample quantité d'eau. Et il affirme que pendant les périodes paléolithique et néolithique [], Le petit vallon du Broebelaer vit apparaître nos ancêtres sur ses berges et qu'il faut croire que si l'homme de l'âge de la pierre s'est établi là plutôt qu'ailleurs, c'est parce qu'il y trouva l'eau de source indispensable à sa subsistance. » Mais où sont les sources du Broebelaar ? Selon les cartes du XIX° s, le Broebelaar naissait quelque part le long de la Kapellestraet, chemin de campagne correspondant à l'actuelle rue Général Tombeur, quelque part entre l'atelier « trois dimensions » de l'Académie flamande (RHOK) et la Bibliothèque Hergé, située avenue de la Chasse. LF De Pauw était conservateur du Musée des sciences naturelles et historien de la vallée du Maelbeek. Il a écrit au début du XX° s. « La vallée du Maelbeek, avec monographie d'Etterbeek », dont les citations reprises ici sont extraites. |
| La brasserie de Monsieur Lemort | Comment la Brasserie de Monsieur Lemort fit place au Parlement européen | auberge | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/ett_brasserie_leopold.png | Début du XIXe siècle, un maraîcher de la vallée du Maelbeek installe sa brasserie entre le ruisseau et la chaussée d’Etterbeek, à coté de la tannerie de M. Hap. Quand la pression de l’urbanisation de la vallée finit par polluer irrémédiablement les eaux du Maelbeek, M. Lemort transfère ses activités sur le haut de la colline, entre le parc Léopold et le chemin de fer à proximité d’une infrastructure de transport pour écouler sa marchandise. La fourniture en eau propre était assurée par un nouveau système d’approvisionnement dont les deux réservoirs principaux sont encore aujourd’hui implantés dans la vallée, l’un à Ixelles rue de la Vanne et l’autre à proximité de la place Jourdan. Au début des années 1980 la brasserie Léopold est rachetée et l’entreprise ferme ses portes. Le terrain de grande dimension situé dans l’axe de la place et de la rue du Luxembourg attire le regard de ceux qui voudraient installer le Parlement européen à Bruxelles. En recouvrant le fossé du chemin de fer par une dalle, voilà que la brasserie de M. Lemort se transforme en caprice des dieux. |
| Une cité scientifique | site remarquable | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_cité_scientifique_1927.png | Aux premières années du XX° s., l'université de Bruxelles se sent à l'étroit dans ses bâtiments du centre ville. Le projet d'une cité scientifique dans le Parc Léopold. naît alors grâce à la complicité entre de généreux donateurs et les édiles de la Ville, dont le bourgmestre est alors Charles Buls, tous défenseurs des valeurs laïques : émancipation par l'éducation, progrès grâce à la science... brefs des idéaux défendus aussi par l'université bruxelloise. On construisit les édifices que nous voyons aujourd'hui dans le parc pour abriter la bibliothèque de sociologie de l'université, les facultés d'anatomie, de sciences physiques... Le parc accueillit dans les années 20 du XX° s. des « Congrès de Physique » qui réunirent les plus grandes sommités de la science d'alors : Marie Curie, Einstein, Planck... | |
| Parc Léopold | Au courant du XIX°, les alentours s'urbanisant rapidement, ce qui restait du domaine d’Eggevoord sera transformé en jardin zoologique. L’endroit, mal orienté et exposé aux vents n’était pas des mieux choisis. Le zoo finira par fermer ses portes. Les malheureux animaux furent, pour les plus chanceux, envoyés à dans d'autres zoos. Les autres moururent de froid ou passèrent à la casserole. Le terrain deviendra le parc public que nous connaissons aujourd’hui. Les pavillons d'entré du parc, côté rue Belliard, portent encore l'inscription « Jardin zoologique » | site remarquable | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_Marie_1854.png | Marie immortalisée en 1854 par un des pionniers de la photographie, Charles Louis Napoléon Dubois de Neuhaut D'après : Le Parc Léopold 1850-1950, le Zoo, la Cité Scientifique et la Ville, Annick Brauman et Marie Demanet, Bruxelles, AAM, 1985 Un lieu charmant Un article assez lyrique, extrait d'un journal du milieu du XIX° s., nous donne une idée de ce à quoi pouvait ressembler à l'époque les lieux... « A quelques pas de la station de chemin de fer du Luxembourg, le promeneur découvre une splendide oasis, un superbe débris de la Forêt de Soignes, un immense bouquet d'arbres géants et de de gazons fleuris. C'est un parc de huit hectares, un ravissant dédale de sites pittoresques et de sentiers ombreux; un jardin accidenté, mystérieux, plein de caprices, montant, descendant, ici s'élevant sur un large plateau qui domine tout Bruxelles, là se baignant dans des sources vives, en un mot une protestation vivante et victorieuse contre cette nature à angles droits et à chemins mathématiques inventés par Le Nôtre » [architecte des jardins de Versailles] Indépendance Belge, 27 août 1851. Un quartier chic Aux lendemains de l'indépendance belge, Bruxelles reste encore enserrée dans les limites de son enceinte médiévale (bien que celle-ci ait été abattue). En 1837, il est décidé de la doter d'un nouveau quartier répondant aux exigences de confort de la bourgeoisie. Il s'étendra sur les hauteurs de la vallée du Maelbeek, et eut son heure gloire jusqu'au début du XX° s. Par après, il périclitera pour disparaître presque entièrement sous le béton des bureaux... C'est le quartier Léopold. Un Jardin zoologique Au courant du XIX°, ce qui restait du domaine d’Eggevoord sera acheté à son dernier propriétaire, le Chevalier Dubois de Bianco, par une société privée qui y créera un jardin zoologique. A l'époque, toute capitale soucieuse de son prestige se devait d'avoir son zoo.. Celui de Bruxelles sera créé et géré par une société privée. Contrairement à d'autres jardins zoologiques, son caractère scientifique sera négligé au profit de son offre de réjouissances diverses (restaurants,bals et autres fêtes). Ses gestionnaires ne connaissent pas grand chose en zoologie. La mortalité parmi les animaux est importante (140 décès sur 567 animaux en 1853). Le zoo, déficitaire, sera racheté par les communes avoisinantes puis finira par fermer ses portes. A la fin des années 70 du XIX° s, le terrain deviendra le parc public que nous connaissons aujourd’hui, baptisé parc Léopold en 1880. Il abritera un temps une cité scientifique... |
| Platane | arbre remarquable | |||
| Zone boisée du Parc Léopold | Une petite zone boisée surplombe la Tour Eggevoord. Si l'on se place devant « L'Aile Janlet » du Museum des sciences naturelles, on la voit apparaître en contrebas, au travers d'entrelacs de frondaisons. | site remarquable | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_zone_boisée_Léopod.png | Avec un peu d'imagination, on peut se croire face à un lambeau de paysage ayant échappé à l'urbanisation, à un bout de la vallée bucolique que, jadis, arrosait le Maelbeek. |
| source de la « Mare aux loutres » | Aujourd'hui encore, l'étang du Parc Léopold est partiellement alimenté par au moins une source discrète, que l'on peut découvrir... en cherchant bien. | source | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_source_parc_Léopold.png | On peut voir la source sourdre dans l'eau du petit bassin situé à l'ombre de grands arbres, sur le côté de l'étang du parc Léopold. Ce bassin est d'ailleurs un souvenir du zoo : à l'époque, y barbotaient des loutres. |
| Tour Eggevoord | Qui connaît cette petite tour nichée au fond du parc Léopold et recouverte de végétation ? C’est pourtant le témoignage architectural le plus ancien de la Vallée du Maelbeek et faisait partie d’une propriété seigneuriale dont le parc Léopold est l’héritier. | immeuble remarquable | La tour d’Eggevoord est donc un des rares témoignages survivant du passé rural et des temps bucoliques de la vallée du Maelbeek, témoin de son passé piscicole. Elle date du XV° ou du XVI° siècle et est flanquée d’un petit édifice plus récent dit précisément Vischhuis, « maison du poisson ». Elle se trouvait au bord d’une série de petits étangs, aujourd’hui disparus, utilisés pour l’élevage du poisson. Dans la cave, il existe encore deux petits bassins qui sont d’anciens réservoirs pour stocker les carpes avant de les vendre ou de les cuisiner. Un ancien passage à gué L’édifice appartenait au domaine d’Eggevoord, dont il perpétue le nom. Voord ou Voorde signifie « gué » en ancien brabançon. En effet, un passage à gué permit là, dès le haut moyen âge, le passage de chemins, futures d'Etterbeek et de Wavre... L’origine du domaine remonte loin dans le Moyen âge, et il appartint longtemps aux châtelains de Bruxelles. Une miraculée La tour Eggevoord a été souvent abandonnée et sur le point d’être démolie. Louis Depauw à su mobiliser le Comité de Sauvegarde des Souvenirs Brabançons pour une première restauration au début du XXe siècle, Margarethe Braune la sauve de l’oubli en l’habitant, en la rénovant et en la faisant classer dans les années 1970. Elle attend aujourd’hui que l’on s’occupe à nouveau d’elle pour la sortir du terrain vague dans laquelle on l’a oubliée. Sources bibliographiques : La vallée du Maelbeek, avec monographie d'Etterbeek, L.F. DE PAUW, début XX° s. | |
| Tour Eggevoord | Qui connaît cette petite tour nichée au fond du parc Léopold et recouverte de végétation ? C’est pourtant le témoignage architectural le plus ancien de la Vallée du Maelbeek et faisait partie d’une propriété seigneuriale dont le parc Léopold est l’héritier. | immeuble remarquable | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_Eggevoord_DDLoneux.png | La tour d’Eggevoord est donc un des rares témoignages survivant du passé rural et des temps bucoliques de la vallée du Maelbeek, témoin de son passé piscicole. Elle date du XV° ou du XVI° siècle et est flanquée d’un petit édifice plus récent dit précisément Vischhuis, « maison du poisson ». Elle se trouvait au bord d’une série de petits étangs, aujourd’hui disparus, utilisés pour l’élevage du poisson. Dans la cave, il existe encore deux petits bassins qui sont d’anciens réservoirs pour stocker les carpes avant de les vendre ou de les cuisiner. Un ancien passage à gué L’édifice appartenait au domaine d’Eggevoord, dont il perpétue le nom. Voord ou Voorde signifie « gué » en ancien brabançon. En effet, un passage à gué permit là, dès le haut moyen âge, le passage de chemins, futures d'Etterbeek et de Wavre... L’origine du domaine remonte loin dans le Moyen âge, et il appartint longtemps aux châtelains de Bruxelles. Une miraculée La tour Eggevoord a été souvent abandonnée et sur le point d’être démolie. Louis Depauw à su mobiliser le Comité de Sauvegarde des Souvenirs Brabançons pour une première restauration au début du XXe siècle, Margarethe Braune la sauve de l’oubli en l’habitant, en la rénovant et en la faisant classer dans les années 1970. Elle attend aujourd’hui que l’on s’occupe à nouveau d’elle pour la sortir du terrain vague dans laquelle on l’a oubliée. Sources bibliographiques : La vallée du Maelbeek, avec monographie d'Etterbeek, L.F. DE PAUW, début XX° s. |
| Moulin d'Etterbeek | Bien entendu, Etterbeek possédait son moulin. Il s’appela aussi selon les époques Moulin d’Eggevoorde, Pypenvijvermolen ou Valkmolen (moulin du faucon). | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/Ett_moulin_Etterbeek_XIXs.png | Il se situait juste en aval du Grand étang d'Etterbeek, vaste pièce d'eau qui exista jusqu'en 1844 : à l'instar du moulin d'Ixelles, il était du type dit « à dérivation ». L'eau de la rivière était détournée vers un bassin de retenue fermé par une digue. Un bief dirigeait ensuite l'eau, dont la force motrice était ainsi décuplée, vers la roue actionnant le moulin... On implantait en général ce type de dispositif en amont des vallées, souvent à hauteur d'affluents, qui favorisaient la création d'une pièce d'eau plus étendue. Ici, en effet, deux ruisselets, le Broebelaar et le Dambeek, rejoignaient le Maelbeek. Emplacement et traces : La pente brusque de l'actuelle avenue du Maelbeek à hauteur de l'angle de la chaussée de Wavre rappelle l'existence de la digue. On peut situer l'emplacement du moulin dans le Jardin Jo Heyne, du côté vers la chaussée de Wavre et la place Jourdan. |
| Source du Jardin Félix Hap | L'étang du Jardin est alimenté par une des sources de la vallée du Broebelaar, toujours bien visible. | source | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/ett_source_FHap.png | Le Broebelaar était un modeste affluent du Maelbeek, dont les eaux furent courtisées - et accaparées - par les souverains... Pour en savoir plus, cherchez sur cette carte, vers la Place Saint-Pierre et vers la rue de la Pacification, proche de Saint-Josse... |
| Moulin de Toulouse | Dit aussi Nieuwmolen ou Papenmutsmolen, ce moulin « au fil de l'eau » était situé sur le cours occidental du Maelbeek, à proximité du domaine dit « de Toulouse ». Il fut créé au début du XVII° s., à l'instigation des archiducs Albert et Isabelle, en remplacement du « Moulin ducal » de Saint-Josse, détruit pour faire place à la machine hydraulique. | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_moulin_toulouse.jpg | Ce moulin ne fonctionna pas très bien, il lui manquait de la force motrice. Il avait fallu rehausser les digues du grand Étang de Saint-Josse pour améliorer le fonctionnement de la machine hydraulique. En outre, le détournement de celles du Broebelaar affaiblissait quelque peu le débit du Maelbeek. Le moulin de Toulouse fut vendu au XVIII° avec interdiction d'encore l'exploiter... comme moulin : il fut transformé en fabrique de vermicelles, puis en scierie à marbre. Il devait son nom (Toulouse) à celui d'un domaine tout proche, dont une rue rappelle encore le souvenir. Emplacement Au bas de la rue de la Loi, un peu en aval de la station Maelbeek Traces Absolument rien Références Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 12, Bruxelles. Quartier nord-ouest,Y. CABUY, S. DEMETER; éd. Région de Bruxelles-Capitale Monuments et Sites, 1997 |
| Moulin de Toulouse | Le Grand étang de Saint-Josse, le Hoeyvijver, est mentionné dès 1250. Il servit, lui aussi, de bassin de retenue à un moulin, celui – à grains – qui appartenait aux Ducs de Brabant, et qui existait déjà en 1321. En 1601, il disparut pour faire place au « Moulin des Fontaines » actionnant la machine hydraulique. | site remarquable | illustr. leHoeyvijvervu par E. Puttarert, au milieu du XIX° s., peu avant l'urbanisation du quartier Avec la mare aux canards de l'Abbaye de la Cambre, les étangs d'Ixelles et du Parc Léopold, l'étang du square Marie-Louise est le seul survivant, bien transformé, des nonante étangs que comptait la vallée. Tout comme les étangs ixellois, il sera intégré dans un ensemble urbanistique de prestige, répondant au goût de la bourgeoisie du début du XX° s. En témoignent quelques « beaux restes », dont deux hôtels dus à Victor Horta et un bel ensemble d'immeuble de style néo-Renaissance. Références Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 | |
| Moulin des Fontaines & Machine hydraulique | en 1601, les Archiducs Albert et Isabelle firent bâtir une machine hydraulique pour acheminer les eaux des sources du Broebelaar - très pures - vers les fontaines et jeux d'eau de la Warande, jardin d'agrément de leur palais (le Coudenberg). | moulin | Les pistons qui permettaient de propulser l’eau dans une canalisation étaient actionnés par la roue du Moulin des Fontaines (Fonteynmolen) construit à l'emplacement de l'antique moulin à grains des Ducs de Brabant, et mis en mouvement par les eaux du Maelbeek (qui alimentaient le bassin de retenue que constituait le Grand Etang de Saint-Josse). Eaux d'agrément Les eaux du Broebelaar étaient ainsi amenées vers la Tour hydraulique construite sur l'enceinte de la ville. De la tour, les eaux étaient redistribuées dans les bassins, fontaines et jeux d’eau qui agrémentaient les jardins du palais. Au fil des ans, elles furent également distribuées dans les bâtiments du Palais et ses annexes, puis, moyennant payement, dans les demeures aristocratiques qui fleurissaient dans le quartier de la Cour. La machine hydraulique devint ainsi le cœur d’un dispositif qui donnait à l’eau un rôle d’agrément … et de distinction. La première « distribution d’eau à domicile » était bel et bien destinée avant tout au haut de la Ville, quartier d’apparat et de privilèges. Distribution d'eau En 1756, on comptait ainsi quelque 25 raccordements privés au réseau de la machine hydraulique. Ce nombre monta à environ 500 au milieu du XIXe siècle, peu avant la disparition de la machine. En effet, celle-ci « explosa » en 1855, au moment où la Ville de Bruxelles voulut la doter de machines à vapeur plus puissantes qui devaient permettre de créer un réseau d’eau à domicile plus étendu. Les matériaux de la machine détruite furent alors vendus au plus offrant. Déséquilibres La machine hydraulique, si elle fut un prodige technique, perturba gravement le fragile équilibre écologique, économique et social qui, au cours des siècles s'était établi entre moulins, viviers... de la vallée. Ainsi lorsqu'il fallut, pour donner suffisant de puissance motrice au moulin des fontaines, rehausser la digue du Hoeyvijver, cela entraîna des conflits – notamment - avec les meuniers tant de l'amont que de l'aval. Emplacement Le moulin des fontaines se situait en aval du grand étang de Saint-Josse, à hauteur de la rue de la pacification où son souvenir est perpétué par une plaque commémorative,. Les canalisations de la machine hydraulique montaient jusqu'à la tour hydraulique située à 640 mètres de là et à une hauteur de 45 mètres) sur une tour de l'enceinte, à hauteur de l'actuel bld du Régent, face au Musée Charlier. Traces : dénivelé de la rue de la pacification Trace toponymique : rue Hydraulique. (Voir « Tour hydraulique »). Références Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 | |
| Tour hydraulique | en 1601, les Archiducs Albert et Isabelle firent bâtir une machine hydraulique pour acheminer les eaux des sources du Broebelaar - très pures - vers les fontaines et jeux d'eau de la Warande, jardin d'agrément de leur palais (le Coudenberg). | immeuble remarquable | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/bxl_tour_hydraulique_PDeCLoedt.png | illustr. : PDeCLoedt Selon une version ancienne de l'histoire; c'est un fondeur venu de la ville bavaroise d’Augsbourg (réputée pour la qualité de sa métallurgie), Georg Müller qui fut charge par les Archiducs Albert et Isabelle de bâtir une machine hydraulique. L'histoire insinue d'ailleurs que Georg Müller eut des démêlés avec l'administration des Archiducs, que son travail fit l'objet de contestations. La paternité de cette machine est d'ailleurs difficile à établir. Plusieurs ingénieurs ont été mêlés à sa genèse et à sa conception. Il est plus probable qu’elle fut le résultat du travail successif de différentes personnalités qui se succédèrent pour la faire fonctionner convenablement. Ainsi retrouve-t-on aux Archives générales du Royaume des projets pour la machine hydraulique, commentés en italien et sans doute dus à un certain Pietro Sardi. Croisement de savoir-faire Les machines hydrauliques contemporaines à celle de Saint-Josse existèrent en différentes contrées d'Europe. Leur conception était le fruit du croisement des savoir-faire d'ingénieurs, de fondeurs... de différentes régions : Italie, Bavière et... Principauté de Liège, où leur histoire est liée à celle de l'exploitation de la houille. Références Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 |
| Village de Saint-Josse-ten-Noode | L'histoire du village est étroitement liée à la chaussé, de Louvain, le long de laquelle il s'égrenait. | centre villageois | La première mention du hameau « Nuda » remonte à 1251 (dans une convention entre le couvent du Coudenberg et le chapitre de Sainte-Gudule). On trouve au cours des siècles diverses variantes du nom (Oeden, Noede, Ten Hoye...) Serait lié à une très ancienne chapelle, Onze-Lieve-Vrouwe-ten-Noode (« Notre-Dame-de-la-Détresse ») ou simplement à un vieux mot germanique « nuda », signifiant « vallon étroit ». | |
| Capsmolen | Appelé aussi à certaines époques Slijpmolen ou Clapsmolen, il était l'un des deux moulins de Saint-Josse (ou des trois si l'on inclut l'ancien moulin ducal). | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/sj_capsmolen.png | Les « droits » en appartinrent un temps au chapitre de Saint-Jacques et aux « pauvres de Sainte-Gudule ». Tout comme le Donckermolen, exista jusqu'au voûtement du Maelbeek, vers 1860. emplacement Angle rue de Saint-Josse et de la Commune Traces jusque récemment, une bâtisse subsistait rue Saint-Josse, légèrement en retrait et en contrebas par rapport à la rue. C'était une annexe du moulin et elle remontait - du moins dans son aspect extérieur - aux années 40 du XIX° s. Bien qu'elle était mentionné dans l'inventaire du patrimoine de la Région bruxelloise, et que la Commission des Monuments et Sites de la Région ait recommandé son maintien, elle a été démolie au début du mois de juin de cette année. Références Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 6: Saint-Josse-ten-Noode, A. CAHEN-DELHAYE; éd. Région de Bruxelles-Capitale Monuments et Sites, 1994 |
| Donckermolen | On l'appela aussi à certaines époques « Labusmolen ». On en trouve déjà mention au XIII°. Il était implanté sur la rive gauche du Maelbeek, en aval de la chaussée de Louvain. Il fut notamment moulin à plâtre. | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/SJ_Donkermolen_ABoens.png | En effet, les moulins ne servaient pas qu'à moudre le grain. Seules sources d'énergies (avec leurs cousins à vent) avant l'ère industrielle, si l'on excepte bien sûr les énergies humaine et animale, les moulins à eau permettaient d'extraire l'huile ou le tan, de fabriquer du papier ou du plâtre, à aiguiser les lames, etc. Le Donckermolen faisait face au Petit Venise, l'élégant manoir du Sieur Houwaert, notable et poète, à qui la chatoyante vallée inspira des élégies fort enthousiastes... Le moulin appartint à un meunier nommé « De Doncker ». Cependant, au début du XIX° on traduisit un temps son nom par « moulin obscur ». Emplacement Angle de la rue des Coteaux et de la rue du Moulin, dont le nom perpétue son souvenir. Références Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 |
| Le Petit Venise | Il y a quelques siècles d'ici, face au Donckermolen, une large pièce d'eau mirait les gracieux pignons du château appelé « le Petit Venise », au cœur d'un domaine féerique créé en 1560 par le notable et poète Jean-Baptiste HOUWAERT. | chateau | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/SJ_Petit_Venise.png | Jean-Baptiste HOUWAERT (né à Bruxelles 1531 ou 1533, mort en 1599) était en son temps un homme illustre. Diplomate, ingénieur, il dirigea la construction de bastions renforçant les portes de Bruxelles, ainsi que des chantiers de réparation au canal de Wilebroeck. et organisa de grandes fêtes, en l'honneur de personnages importants, tels Guillaume le Taciturne, ou l'Archiduc Mathias... Imprégné des idées humanistes de son temps, il s'était donné pour devises : « Houdt middelmate », (« tiens la juste mesure », inscrite sur le pignon du Petit Venise), et « Kent Uzelve », (« connais-toi toi-même »). Attiré par la Réforme, Houwaert eut quelques démêlés avec l'autorité espagnole. Il fut même incarcéré au Treurenberg, sinistre prison logée dans une ancienne porte de la ville - d'où quelques amis influents parvinrent néanmoins à le tirer. Il se retira alors, avant de rentrer, quelques années plus tard, dans le giron de l'Église catholique, dans ses douces terres tennodoises et se contenta d'écrire des élégies en thiois - histoire de se faire oublier des autorités plutôt francophones. Quoi de mieux que de se faire épicurien, citer les anciens romains et poétiser en flamand pour disparaitre aux yeux d'un monde où ses tergiversations fort diplomatiques ont irrités plus d'un. C'est ainsi qu'il dédia à la vallée du Maelbeek des élégies fort... élogieuses. Il la décrivait comme "la plus belle contrée/qu'on puisse trouver en Europe"... (« De schoonste contreye/Die in Europa mocht sijn ghelegen »). Les derniers vestiges du Petit Venise, transformés en ateliers, disparurent à la fin du XIX° s. La pierre tombale du sieur Houwaert, qui se trouvait dans l'ancienne église de Saint-Josse, a été placée dans la crypte de l'église actuelle. |
| Les vignobles du Maelbeek | Ainsi que le rappelle le nom de la rue des Coteaux, la culture de la vigne était jadis pratiquée dans les parties tennodoise et schaerbeekoise de la vallée. Et les vins du Maelbeek eurent leur heure de gloire. | étymologie | Le « cru du Miracle », vin produit dans la vallée, était fort apprécié par Charles le Téméraire, qui par un édit de 1467 en fit importer la « tête » à sa cour de Dijon (il séjournait peu à Bruxelles), tandis que le reste était distribué aux malades souffrant de « flux de sang ». Dans les siècles qui suivirent, les vins venus de France et d'Allemagne éclipsèrent les crus de la vallée du Maelbeek. Références Saint-Josse-ten-Noode au XIX° siècle, Yvonne du Jacquier, 1960 | |
| Rue Potagère | Le nom de la rue renvoie au souvenir de la culture maraîchère, très pratiquée dans le fond de la vallée, autour des nombreux étangs. | étymologie | Les jardins des maraîchers de la vallée sont représentés par les nombreux carrés que l'on peut voir sur ce détail d'une carte manuscrite de Bruxelles et de ses environs par G. de WAUTIER(vers 1820). Cette belle carte est conservée à la bibliothèque Royale de Belgique, section Cartes et Plans | |
| Kerkhofsmolen | Il y avait aux portes du vieux village de Schaerbeek, le « moulin du cimetière ». | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/scbk_Kerkhofsmolen_xvii_avb_H375.png | Le village de Schaerbeek se lovait autour de son église, sur une hauteur surplombant la rivière. En contrebas, tout près du cimetière, un moulin était tout naturellement baptisé Kerkhofsmolen, « moulin du cimetière ». Moulin « au fil de l'eau », implanté sur la rive gauche de la rivière, il a existé jusqu'au voûtement de celle-ci, dans les années 60 du XIX° s. On le trouve représenté sur un dessin anonyme du XVII° ou XVIII° s., conservé aux Archives de la Ville de Bruxelles. Emplacement Rue Kessels, en face du 51 (les Anciens bains de Schaerbeek). Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek, 2006 |
| Ancien village de Schaerbeek | Tout comme Etterbeek, le noyau villageois de Schaerbeek se forma sur une hauteur, hors de portée des crues de la rivière. | centre villageois | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/scbk_village_Schbk.jpg | Son existence est attestée vers le milieu du Moyen-Âge, autour de la paroisse de Saint-Servais. Le nom apparaît la première fois en 1120, sous la forme « Scarenbeka ». Village fort pittoresque, représenté par plusieurs artistes, il disparut néanmoins complètement à la fin du XIX° s. L'urbanisation motivée par la pression démographique, la recherche par les classes patriciennes d'un habitat selon ses goûts, l'hygiénisme s'accommodant mal d'un tissu rural devenu vétuste et inconfortable. Emplacement et traces Le chœur de l'église se trouvait exactement là où se dresse aujourd'hui, au milieu de l'avenue L. Bertrand, une grande urne de bronze. Une fresque orne le rez-de-chaussée d'un bel immeuble art-nouveau, au coin de l'avenue et de la rue Josaphat. Elle représente une vue du village disparu. Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek , Bruxelles, 2006 |
| « Jardin Robinson » | En face du Kerkhofsmolen, exista jusque dans le troisième quart du XIX° s, un étang, le Molenvijver. Là où aujourd'hui derrière les façades de l'ancien bassin de natation, se cache le Jardin dit Robinson. | site remarquable | Ce beau jardin, en partie sauvage occupe l'emplacement du premier bassin de natation communal, abandonné vers 1936, car fissuré, puis démoli. L'espace offrit asile à une végétation luxuriante. Véritable oasis foisonnante au milieu de la ville, il faillit disparaître au début des années 90. C'est grâce à la mobilisation des habitants du quartier et d'une mobilisation dans Schaerbeek qu'il fut sauvé, et devint le lieu d'animation qu'il est aujourd'hui. | |
| Sint Servaesborre | Tout près du village de Schaerbeek sourdait la source de Saint-Servais. | source | R. Van dan Haute, historien de Schaerbeek, en parle en ces termes : « Près de la vieille chaussée, à deux pas de l'endroit où s'élèvera la première église de Schaerbeek, se voyait une source. Les documents anciens l'appellent toujours Fontaine de Saint Servais. Le point d'eau gardera son nom jusqu'au moment de son captage à la fin du siècle dernier. [] La Sint Servaesborre ou plus simplement la Sint Faesborre ou Faesborre tout court, jaillissait en bordure d'un chemin creux qui, au milieu du XVI° s. déjà,s'appelait Cleyne Boschstraete (Petite rue au Bois). » Emplacement D'après une note manuscrite d'une main anonyme sur une carte « Vandermaelen » conservée à la Bibliothèque Royale, la source apparaissait le long d'un chemin correspondant à l'actuelle rue Fiers. Références l'Ancienne église Saint-Servais, R. Van dan Haute, 1961 | |
| Voortmolen ou Wijngaertmolen | Le cours inférieur du Maelbeek comptait pas moins de trois moulins. Quatre si on compte le premier, double, comme deux moulins. Ils étaient reliés par un chemin, le Grote Molenstraat, qui longeait la rivière, en rase campagne... Juste en aval du gué de Schaerbeek et du hameau de Voorde le chemin longeait un double moulin à l'origine très ancienne (XIII° s.), implanté de part et d'autre du ruisseau. | moulin | A partir de 1680, on le retrouve sous le vocable de Voortmolen. Sur les cartes du XIX°s., il porte le nom de Wingaertmolen. On le retrouve encore, plus anciennement, sous le nom de Pampiermolen, quand il fit office, au moins partiellement, moulin à papier. Un document de 1370, conservé dans les archives de la Collégiale Sainte-Gudule, établit la valeur – économique – de chacune des pièces d'un double – voire d'une triple - moulin situé à Schaerbeek. Moulin à huile d'une part, à grains de l'autre, lui-même pourvu de deux meules, une pour moudre le froment, l'autre pour moudre le seigle. Selon toute vraisemblance, l'expertise concernait le Voortmolen. En 1294, le doyen de Sainte-Gudule, Jean Vander Hellen (dit de Inferno, « d'enfer ») cède en effet des moulins « apud Scarenbeke », au chapitre de la Collégiale qui les cèdera à son tour au XV° s à un exploitant privé. Pour établir cette expertise, une plus anciennes des dont on ait gardé trace dans nos régions, on recourut au services d'artisans spécialisés dans la construction de moulins : charpentier, menuisier, couvreur, ainsi qu'à deux molenslaghers. Les molenslaghers étaient des experts en moulins intégrés dès le XIV° s. dans les juridictions ducales; eux-mêmes étaient bien souvent issus de lignées de meuniers. Ils formèrent un « Collège des Maîtres meuniers » ou meuniers jurés (gesworen molenslagers) appelés en plusieurs occasions par les ducs ou duchesses de Brabant pour régler des contentieux liés à la gestion des eaux. Le savoir-faire de ce métier se voyait ainsi reconnu et même institutionnalisé. Encore mentionné comme moulin à farine en 1840, le Wingaertmolen fut détruit en 1882 lors du percement des rues Metseys et des Ailes. Emplacement À l'intérieur du pâté compris entre les rues des Ailes, G. Eenens et de Jérusalem Traces Rien du tout Références « de Herenmolen van het Kapittel Van Sint-Goedele te Schaerbeek in 1370 », P. de RIDDER et L. GOEMINNE, 1980 Bruxelles et sa rivière, genèse d'un territoire urbain (12e – 18e siècles), Chloé DELIGNE, Brépols, Turnhout, 2003 | |
| Meunerie à vapeur | En 1850, on avait construisit à côté de l'ancestral Voortmolen un important meunerie à vapeur destinée à moudre de la farine. | manufacture | Cette usine connut par la suite d'autres destins dans une ville qui s'urbanisa rapidement... | |
| Pladdermolen | Sur le cours inférieur de la rivière, profitant d'une pente plus forte,on rencontrait deux moulins « au fil de l'eau ». Le Kadder- et le Nedermolen. | moulin | Mentionné dès 1300, il appartint aux châtelains de Bruxelles. Son nom semble évoquer une innovation technique qui le distinguait des autres moulins de la vallée : il était doté d'un cliquet (kladder) qui empêchait la roue de tourne à contresens et qui le rendait reconnaissable à son bruit caractéristique. Il fut parfois appelé Keyte- ou Kerstmolen. Il fonctionna jusque dans les années 1860, et fut détruit en 1874, lors du percement de l'avenue Princesse Élisabeth. Emplacement et traces A deux pas de la « Cage aux Ours », dans le pâté compris entre les avenue Princesse Élisabeth et Demolder. Il n'en reste aucune trace. Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek , Bruxelles, 2006 | |
| Nedermolen | Sur le cours inférieur de la rivière, profitant d'une pente plus forte,on rencontrait deux moulins « au fil de l'eau ». Le Kadder- et le Nedermolen. | moulin | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/schbk_Nedermolen_ss_dte_avb_g1555.png | Nedermolen signifie « moulin d'en-bas » dit aussi Metermanmolen. Il figure sur une carte de la Senne dessinée au XVI° s. par Mathieu BOLIN, dans le but d'étudier et de prévenir les risques d'inondations. Il fonctionna jusque dans les années 1864-65. Sera démoli peu après lors de l'urbanisation du quartier. Emplacement et traces Le long de la rue Portaels, côté droit, face au croisement de la rue Capronnier, à hauteur de l'école communale n° 12. Il n'en reste aucune trace. Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek , Bruxelles, 2006 |
| Fin | site remarquable | Emplacement : Selon les cartes anciennes, , après le dernier moulin (Nedermolen) le Maelbeek décrivait une série de petits méandres avant de se jeter dans la Senne en un point qu'on peut situer assez précisément, à l'arrière de la cour du Familistère Godin. | ||
| Roodenbeekmolen | Le Roodenbeek, ruisseau de la Vallée de Josaphat eut aussi son moulin. | moulin | Le moulin de Roodenbeek est cité dès 1175. Il passa au cours des siècles entre diverses mains (dont l'abbaye d'Afflighem). Il disparut au XVI° S.,peut-être au cours des Guerres de religion. Le débit du ruisseau ayant diminué, on ne put plus y refaire fonctionner un moulin. La cascatelle de la vallée, ancienne chute d'eau du moulin, était cependant encore visible à la fin du XIX° s. La gravure représentée ici, due à Hans Collaert (fun XVI° début XVII° s.) représenterait le Roodenbeekmolen. | |
| Source du Château de Granvelle | Aux abords immédiats de chacun des deux importants châteaux qui se dressaient aux abords du Grand Étang de Saint-Josse, jaillissait une source. | source | Voici ce que nous en dit l'historien du Maelbeek, LF De PAUW : « Au nord-ouest de l'étang actuel de Saint-Josse-ten-Noode, au pied de la hauteur sur laquelle [se dressait] le Château de Granvelle, il y avait une source assez abondante qui alimentait un étang en fer-à-cheval » (L.-F. DE PAUW, La vallée du Maelbeek) | |
| Source du Château de Granvelle | Aux abords immédiats de chacun des deux importants châteaux qui se dressaient aux abords du Grand Étang de Saint-Josse, jaillissait une source. | source | L.-F. DE PAUW, (La vallée du Maelbeek, début du XX°s.), signale qu'une « source existait au carrefour actuel de la Chaussée de Louvain, de la rue Bonneels et de la rue Braemt ». Les cartes anciennes (G. de Wautier, 1820, Vandermaelen, 1837, nous confirment que ce site correspond aux alentous du château dit des « Deux Tours », où les Ducs de Bourgogne séjournèrent. | |
| Fontaine d'Amour | Un petit bassin rond, dans le fond du Parc Josaphat, parmi quelques roches faussement naturelles : c'est la fameuse « Fontaine d'Amour ». | source | Elle est sans doute la plus connue des sources du Bassin versant. Même si aujourd'hui elle semble un peu abandonnée, sous un panneau (tagué) signalant que son eau n'est pas potable. Pourtant, on racontait jadis des histories charmantes sur ces vertus. D'autant que son nom est la traduction du néerlandais « Minneborre ». Or « Minne » renvoie à l'amour courtois, chanté par les troubadours ou les Minnesänger allemands. Ce, bien que le nom soit probablement une simple déformation de « Rinneborre ». | |
| Source proche du Middelborg | La vallée de Josaphat regorgeait de sources. | source | Un plan parcellaire édité par Vandermaelen, vers 1860, nous en indique ainsi une, au pied du Middelborg, manoir du XVI°0 s., rasé en 1910. | |
| source du « Ruisselet Nord » | La vallée de Josaphat regorgeait de sources. En outre, le ruisseau principal naissait de la réunion de deux rus. | source | Le plus important s'écoulait du Nord. On a pu situer sa source derrière les bâtiments actuels de la RTBF, non loin de l'Enclos des Fusillées. Il passait à proximité de la Ferme du Kattepoel. Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek , Bruxelles, 2006 | |
| source du « Ruisselet Sud » | La vallée de Josaphat regorgeait de sources. En outre, le ruisseau principal naissait de la réunion de deux rus. | source | Les deux ruisselets se réunissaient près de la Ferme du Kattepoel. Certains auteurs affirment qu'on nommait sa source, ou une de ses sources, Salomonsputte, « Puits de Salomon », à l'instar de divers lieux qui, à la suite de la Vallée de Josaphat elle-même, reçurent des noms bibliques. Il naissait non loin du square Plasky. Références L'Atlas du sous-sol archéologique de la Région de Bruxelles, volume 16, Schaerbeek , Bruxelles, 2006 | |
| Brasseries d'Etterbeek | Entre les étangs d'Etterbeek de Saint-Josse, le Maelbeek se divisait en deux cours, celui des eaux « sauvages » et celui des eaux « claires », le second alimentant les nombreuses brasseries... | auberge | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/ett_brasseries.png | Cette division entre les eaux propres et les eaux... moins propres était le résultat d'aménagements réalisés en des temps fort anciens. Les brasseries, auberges et tavernes de la vallée du Maelbeek étaient du reste célèbres. Elles étaient nombreuses notamment au carrefour des chaussées de Wavre et d’Etterbeek (actuelle place Jourdan). Jusqu’à la période française (fin XVIII°), le Maelbeek formait en certains endroits la limite de la Cuve de Bruxelles, zone administrée par la Ville de Bruxelles dans laquelle celle-ci percevait des accises sur la bière... Pour y échapper, il suffisait de s’établir juste au-delà de la limite ! |
| Village d'Etterbeek | La mention la plus ancienne d'Etterbeek remonte à 966. Un certain Golandus offre – ou restitue - à l'Abbaye de Nivelles l'église Sainte-Gertrude et un domaine à l'entour. | centre villageois | http://geo.surlaterre.org/local/uploads/egeb-sgwb/histoire/Photos/ett_Ancienne_Eglise_NavezXIX.png | Nous n'avons aucune certitude quant à l'emplacement originel du village : se trouvait-il au confluent du Broebelaar et du Maelbeek ? Ou le hameau de Oud Gheleeg – qui existait encore au XIX° à hauteur des rues Froissart et du Cornet - en était-il le noyau primitif ? Par la suite, le cœur d'Etterbeek se déplaça vers la hauteur où jusqu'à il y a une quinzaine d'année se dressait l'église Sainte-Gertrude (pl. van Meyel). La peinture reproduite ici, une des fresque de la Maison du notaire (Hap), représentant l'ancien village d'Etterbeek. |
| Poêlerie et Familistère Godin | Ici au bord du canal, la mémoire ouvrière et le passé industriel risquent d'être effacés, de disparaître au profit d'un centre commercial de luxe, peu en phase avec l'environnement humain, économique et urbain du quartier... | manufacture | L'ancienne poêlerie Godin constitue un patrimoine industriel unique. D'abord, il inclut les plus anciens témoignages industriels subsistant en région bruxelloise (ancienne teinturerie datant des années 1820). Ensuite et surtout ils témoignent d'un projet industriel aux préoccupations humanistes.... Inspiré par les travaux de Fourier, Jean-Baptiste Godin avait fondé un premier « familistère » à Guise, en France, où il entendait garantir aux ouvriers des conditions dignes, ainsi qu'une éducation de qualité à leurs enfants, des potagers. Les plus-values étaient partagées... Il renouvela l'expérience, quelques années plus tard, ici au bord du Canal de Willebroeck. De cette histoire, il nous reste le « familistère » proprement dit, bloc de logements classés, et un ensemble de halles industrielles... Des citoyens et des associations n'acceptent pas de voir massacrer ainsi un élément du patrimoine d'une ville qui en a vu si souvent irrémédiablement rasés... plus d'infos | |
| Colonne du Pèlerin | La tradition veut qu'à la fin du XVI° s., un pèlerin revenant de Palestine crut voir dans la vallée du Roodenbeek une ressemblance avec celle de Josaphat, à Jérusalem ; la cascatelle de l'ancien moulin lui aurait évoqué le Torrent de Cédron. | site remarquable | Il fit ériger une colonne sur une éminence surplombant le confluent des deux ruisselets formant le Roodenbeek. Le lieu se nommera "Heylighenberg" et la colonne existera jusqu'aux temps de la Révolution française. |

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